Al Warda - Flame

Dans un univers vaporeux fait de souvenirs recomposés, de désirs confus et de blessures silencieuses, un homme se retrouve seul dans son salon, le regard vide et tourné vers des souvenirs épars: le discours de Nasser en 1956 sur la nationalisation du canal de Suez, un spectacle musical de son enfance. Peu à peu, les cloisonnements se déplacent, se soulèvent et s’effondrent ; l’espace domestique bascule dans un monde flottant, où mémoires intimes, passé et présent se mêlent, comme dans un rêve. S’appuyant sur un langage cinématographique et scénographique affirmé, Al Warda — la rose en arabe — est une autofiction qui danse depuis la violence de l’exil, du déracinement et du désir d’appartenance. Entre nostalgie trouble, fantasme d’un ailleurs et impossibilité du retour, la pièce met en dialogue des archives politiques et familiales avec celles enfouies dans le corps.